

Devinette : je suis cette fabuleuse aventure collective qui fait le bonheur à crédit de 20% des habitants de cette planète. Qui suis-je? : La société de consommation. L'idée maîtresse de ce schéma occidental de civilisation repose sur une idée simple : je suis donc je consomme. Avec comme corollaire immédiat que "Nos emplettes sont nos emplois"...
Pour un produit donné, quand il n'y pas d'acheteur, c'est simple, il n'y a pas de ventes et donc pas de profits pour celui qui fabrique le produit dont personne ne veut. Donc celui qui fabrique et qui ne fait pas de profits ne peut plus investir et finit donc par ne plus rien fabriquer du tout. Si par malheur celui-ci avait des employés, il est obligé de les licencier. Du coup, ces nouveaux chômeurs qui n'ont plus les moyens de consommer autant qu'avant n'achètent plus certains produits. Or nous venons de voir que pour un produit donné, quand il n'y pas d'acheteur, c'est simple, il n'y a pas de ventes, pas de profits, donc plus d'argent, plus d'investissement et des licenciements.
A l'inverse, quand un produit donné est acheté par un grand nombre de consommateurs, les profits explosent, donc celui qui fabrique le produit s'enrichit et investit. Et donc en théorie, il embauche du personnel pour faire face à sa croissance. Or le fourbe industriel, lorsqu'il investit, il fait tout pour que ça lui coûte encore moins cher de produire plus. Et l'un des problèmes que rencontre le système c'est qu'il trouve toujours un bon moyen de ne pas embaucher autant qu'il aurait pu... Et finalement on arrive au paradoxe suivant : plus il produit moins cher en supprimant de la main d'oeuvre moins il vendra de produits à des consommateurs qu'il aura appauvri... CQFD. C'est magique la société de consommation ! Poursuivons notre propos en nous penchant maintenant sur la petite soeur maligne de la société de consommation, j'ai nommé la société du loisir.
C'est très important le loisir dans la société de consommation, c'est le truc qui est censé faire oublier tout le reste, tout en consommant bien évidemment. Appuyée par les médias de masse, la société de loisir a pour objectif de s'accaparer le temps de l'être humain qui n'est pas consacré au travail ainsi que l'argent qui reste quand tout a été payé. Et le corollaire immédiat est le même : nos emplettes de divertissement sont les emplois du secteur des loisirs. Vivent les 35 heures : pour mes RTT, j'achète un VTT ! Dans la sphère ludo-cathodique des médias de masse, les jeux télévisés constituent une composante essentielle du système économique que l'occident a érigé en schéma de civilisation : le jeu télé c'est le moyen d'en finir avec le travail et de pouvoir enfin atteindre le rêve inaccessible de tout un chacun, passer sa vie à consommer et à dormir.
"Je pense, donc je suis" : René Descartes (1596-1650)